A.V.C.A. : Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 16 août 2005

Vendredi 19 Août 2005

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Quelques familles à Maracaibo...

Les premières familles parties de Fort-de-France dans la nuit, sont arrivées tôt ce matin à Maracaibo à bord d'un vol affrété par les élus locaux. Le retour est prévu le soir même. Du personnel médical, des interprètes et des élus font également parti du voyage.

La centaine de proches de victimes ont été conduits à la Faculté de médecine de Maracaibo, ou une chapelle ardente a été dressée. La faculté abrite aussi la morgue où ont été entreposés nos défunts.

Un certain flou a régné à la Martinique depuis mercredi concernant l'identification des corps. La première information étant que les familles partiraient afin d'effectuer une identification soit un membre par famille. Difficile à imaginer vu l'état méconnaissable des corps... Mais certaines familles le souhaitent, elles ont du mal à se résoudre à ne pas voir les corps ni le lieu de l'accident.

Une rencontre avec les experts qui participent au processus d'identification des corps leur a cependant permis de poser les questions qui les hantent. Une mère demande comment sera identifiée sa fille de 13 ans qui n'était jamais allée chez le dentiste et dont les empreintes digitales n'avaient jamais été enregistrées. "Il faudra recourir à une empreinte génétique", a répondu le chef des médecins légistes. L'identification visuelle étant impossible, les experts auront recours à des tests ADN si les regroupements d'empreintes digitales ou dentaires ne sont pas réalisables. Sept des huit membres de l'équipage colombien ont d'ores et déjà été identifiés. Ils seront probablement rapatriés vendredi en Colombie.

Le travail de deuil ne pouvait se faire sans venir à Maracaibo selon certaines familles. Leur grande déception c'est de ne pas pouvoir ramener les dépouilles à la Martinique, ni le moindre objet personnel.

Les proches sont ensuite allés se recueillir dans un cimetière où ils ont déposé de façon symbolique des roses rouges.

En fin de journée, tout le groupe a pris la direction de la Basilique Notre-dame de la Chinquinquira, pour assister à une messe.

Une information judiciaire des chefs d'homicides involontaires a été ouverte jeudi après midi. Deux juges d'instruction ont été codésignés pour diriger l'enquête. Cette procédure permet aux familles d'avoir plus facilement accès à l'enquête et facilite la coopération judiciaire entre les pays étrangers, le Venezuela où l'accident s'est produit, et la Colombie, où est établie la compagnie West Caribbean. Le résultat de l'analyse des boites noires sera déterminant pour comprendre les causes de la catastrophe.

L'avion s'est écrasé après être descendu en piqué à une vitesse de 2 000 mètres par minute à la suite d'une avarie sur ses deux réacteurs. Des experts à Paris ont émis l'hypothèse d'un problème de carburant. Mais le directeur de l'aviation civile du et non pollué Panama, Tomas Paredes a assuré que le combustible fourni à l'avion accidenté était de bonne qualité. La compagnie West Caribbean est sur la sellette de même que les services de l'aviation civile de Colombie, soupçonnés de laxisme.

Hier, à Fort-de-France, le procureur de la république a ouvert une information judiciaire. Les deux juges d'instruction nommés pourront instruire en parallèle sur des aspects différents du dossier. Les juges devront en effet travailler dans trois directions:

  • L'enquête,
  • L'identification des victimes
  • La réception des éventuelles parties civiles.

Depuis mardi, les gendarmes ont déjà commencé les investigations dans le cadre de l'enquête de flagrance. Ils ont récupéré auprès de la Direction de l'Aviation Civile les dossiers réalisés à la suite des deux contrôles effectués sur l'appareil en juin et en juillet 2005. Les gendarmes ont également vérifié le poste d'approvisionnement en carburant de Pointe-à-Pitre, où l'avion a fait une liason Panama-Pointe-à-Pitre avant d'arriver en Martinique.Rien de suspect n'a été remarqué.

La Martinique est sur le pied de guerre pour mener une enquête rapide. Mais elle sera dépendante des investigations vénézuéliennes, car les règles internationales du transport aérien confient toujours la conduite des opérations à l'Etat où la catastrophe s'est produite. Les Ministères français concernés (des Dom-Tom, de la justice...) ont rassuré les familles en indiquant que les policiers et les gendarmes français collaboreront activement à l'enquête. Les membres du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses auront notamment la charge des deux boites noires.

En Métropole, la polémique enfle sur la nature des contrôles et l'information des passagers. Des députés dont Marie-Jo Zimmermann et Jean-Louis Masson, ont demandé au gouvernement d'obliger les agences et organisateurs de voyages à fournir "une information honnete et loyale" à leurs clients sur les compagnies aériennes utilisées. Le Commissaire européen aux transports, Jacques Barrot, avait annoncé la prochaine publication d'une liste noire des transporteurs aériens.
 
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