A.V.C.A. : Association des Victimes de la Catastrophe Aérienne du 16 août 2005

Mercredi 17 Août 2005

Envoyer Imprimer PDF
La Martinique pleure ses morts...

aerogaredulamentinAu lendemain du crash de l'avion au Venezuela, les familles, les proches des victimes continuent à venir consulter la liste des passagers et se recueillir à l'ancienne aérogare du Lamentin. Sur place, elles peuvent obtenir une aide psychologique au sein de la cellule de crise qui a été mise en place depuis la veille. Le Ministre de l'Outre Mer, M. François Baroin a annoncé qu'une chapelle ardente  sera dressée à la Faculté de Médecine de Maracaibo. Un avion sera affrété samedi pour y amener les familles pour se recueillir.  Les familles ne resterons qu'une journée cela va les aider à entamer le processus de deuil.
Le Drame est omniprésent dans tous les esprits, les drapeaux sont en berne sur tout le territoire français. Jamais autant de français n'avaient péri dans un accident d'avion...triste constatation.
Une forte solidarité, non seulement de l'hexagone mais surtout des 400 000 martiniquais se fait sentir. Nous avons tous connus de près ou de loin nos "152"...

En métropole, les Antillais attristés et solidaires
Reportage dans la communauté antillaise de Saint-Denis qui tient à s’associer à la douleur des familles.

« C’est ma femme qui m’a téléphoné au travail pour me dire qu’un accident venait d’arriver », explique Jorge, un commerçant martiniquais resté proche de sa diaspora et qui excelle dans la préparation de « boquit » et autres sandwichs antillais. Lorsqu’il a appris la nouvelle, il a cru que c’était un avion parti de France pour la Martinique qui s’était crashé. Ce n’est qu’après qu’il a eu vent de l’horrible scénario. « J’ai pleuré, alors », dit-il. « C’est très dur pour nos compatriotes. » Relater les faits inscrit à nouveau sur son visage la douleur. Celle d’imaginer les cent soixante deux corps parmi les restes abîmés de l’avion. Il a pensé se renseigner sur les possibilités d’envoyer de l’argent afin d’aider les familles. Pour mettre « un petit quelque chose » à leur disposition. Pour les enfants qui se retrouvent orphelins et les familles qui disparaissent. « Parmi les victimes, il n’y a personne que je connais. Mais quand il s’agit d’un accident pareil, ça doit toucher le monde entier. Qu’on soit noir, blanc ou jaune. »

Une croyance que partage aussi Lucienne, une Guadeloupéenne. « En ce moment, dit-elle, il y a beaucoup d’accidents d’avions. Souvent, on croit que ça ne va pas frapper à notre porte. Et puis ça arrive. Pour nous aussi. Je ne suis pas de la Martinique, mais je suis de la communauté antillaise. Cet accident m’a vraiment touchée. Je partage la douleur des familles.»

Être antillais résidant en métropole n’empêche pas de ressentir la douleur. Dans le pays d’où l’on vient, on n’est jamais très loin de l’autre. Habiter le Robert, c’est n’être qu’à quelques kilomètres du François. Une autre commune. À défaut de connaître des visages, les noms, eux, sont connus. Et quand arrive l’accident, on se rappelle de la famille Untel qu’on connaissait de nom.

Pour Marie-José, originaire de la Guadeloupe, cet accident est évidemment « dramatique ». La jeune femme se dit « choquée » et entièrement concernée par cette catastrophe. Malheureusement, ajoute-t-elle « on ne peut pas faire grand-chose ».

Camille, lui, est martiniquais. Il a l’âge des papys qui regardent pousser leurs petits-enfants. « Cela fait très longtemps que je suis en métropole, raconte-t-il. Très longtemps aussi que je ne suis pas retourné aux Antilles. Mais ça ne m’empêche pas d’être touché par la mort de tous ces gens. C’est très dur. » Et Camille de hocher la tête, s’en retournant, traînant sa douleur de « vieil Antillais » rattrapé par un coup du sort touchant sa communauté.

Raymonde est martiniquaise. Avec Fabienne, elle aussi originaire de l’île, elles tiennent une agence de voyages. Les deux jeunes femmes se demandent « ce qui se passe ». « C’est le quatrième accident d’avion en quelques semaines », constate Raymonde, qui ajoute que « c’est toujours après qu’on apprend que l’avion avait un problème. On ne vous dit rien. L’avion s’en va, tranquille, et après on vous dit qu’il y a eu un contrôle, que tout était OK, et subitement il y a un souci. Du coup, on se demande si les contrôles sont bien faits ». Pour Fabienne, « c’est toute la Martinique qui est en deuil » après cet accident. La maman qu’elle est, conseille à tous les Martiniquais de « bien entourer et soutenir les familles en souffrance ».

Article de l'Humanité

Réuni jeudi pour sa séance hebdomadaire, le gouvernement de Nouvelle-Calédonie a tenu à faire part « de sa très vive émotion et de sa profonde tristesse devant le drame qui frappe la communauté antillaise ». Sous la signature de la vice-présidente Dewe Gorodey, le gouvernement adresse « au nom de l’ensemble de la population calédonienne, ses plus vives condoléances aux familles touchées et à tous les Martiniquais »
Dès l'annonce de l'accident d'avion, le Ministère des Affaires Etrangères s'est mobilisé, en liaison avec les ambassades françaises en Colombie, au Venezuela et au Panama.

Le travail d'identification des 152 victimes martiniquaise a commencé: du matériel paramédical pour la conservation et l’identification des corps est acheminé à Maracaibo, une quinzaine de policiers et d'experts français vont rejoindre d'autres experts déjà sur place. Il est demandé aux familles de fournir des éléments nécessaires pour l'identification. C'est encore une épreuve douloureuse, sensible pour les familles.

Des centaines de militaires, agents de la protection civile et de la Croix-Rouge ainsi que des experts en aéronautique ratissent la zone du crash, une zone marécageuse près de Machiques, à quelques kilomètres de la ville de Maracaibo, pour trouver des restes humains et des indices sur les circonstances du drame. La compagnie aérienne, la West Carribean, a annoncé qu'elle suspendra ses vols. De nombreuses rumeurs tournent autour de cette compagnie, à savoir que les pilotes n'étaient pas payés depuis des mois, qu'elle est criblée de dettes, pièces contrefaites et défectueuses... Elle est déjà désignée comme la principale coupable.

Les boites noires ont été retrouvé, elle seront analysées sur place, au Venezuela avec la participation du Bureau d'Enquêtes et Analyses (le BEA). C'est un organisme officiel français chargé des enquêtes techniques sur les accidents et incidents d'aviation civile. Rattaché au Ministère des Transports, de l'Equipement, du Tourisme et de la Mer, le BEA conduit ses enquêtes et rédige ses rapports en toute indépendance.
 
Vous êtes ici : Accueil Rétrospective Mercredi 17 Août 2005

Notre Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter en utilisant ce formulaire.



Recevoir du HTML?

A votre écoute

Nous sommes joignable par :

  • Gsm : 0696 98 48 48
  • Tél : 0596 53 11 37
  • Fax : 0596 53 11 37 
  • Email : avca1682005@laposte.net

Cellule Métropole

logo-avca